La boxe éducative

LA BOXE EDUCATIVE / LA BOXE EDUCATIVE ASSAUT
FILLES ET GARCONS

« … L’initiation à la boxe consiste avant tout à amener l’élève à comprendre et à maîtriser les conduites d’opposition qui caractérisent le « jeu de l’assaut »… et pas seulement, comme on le suppose souvent, à donner uniquement des coups de poing… »

Jean Letessier, ex-DTN de la FFB (In « La boxe sport scolaire », revue EPS 1971).

1) Définitions

De même que la boxe amateur et la boxe professionnelle se différencient dans la forme de leur pratique, l’originalité de la boxe assaut doit être soulignée. Elle s’adresse à des enfants pré-pubères (avant/pendant l’adolescence) mais également aux adultes, sous forme d’assaut . La règle du combat étant de tenter d’atteindre l’adversaire avec puissance et précision ,la règle de l’assaut doit être d’interdire absolument toute tentative de coup puissant c’est-à-dire supprimer toute notion de force physique. Il s’agit d’une boxe ludique fondée sur l’apprentissage et la maîtrise des gestes techniques et des comportements tactiques , elle est soumise aux exigences d’un règlement adapté .C’est la boxe pour tous ceux et toutes celles qui veulent pratiquer un sport de combat basé sur l’agilité et l’expression corporelle. Le noble art doit trouver dans cette forme de boxe toute sa signification .

Article 130- Définition

La boxe éducative est une activité sportive pratiquée dans un but éducatif. Elle assure une formation et un développement moteur, psychologique et affectif. Elle se caractérise par l’initiation aux techniques et aux tactiques de l’assaut, en excluant, les risques de l’affrontement désordonné qui nuiraient à l’intégrité physique des jeunes.

Article 131 – Objectifs

La Boxe éducative doit être accessible au plus grand nombre de jeunes, en privilégiant
la compétition et favorisant la pratique dès l’âge de huit ans, pesant au moins 21 Kilos.
Elle constitue la période idéale pour l’apprentissage et l’acquisition des différentes
techniques.

2) Critères de l’opposition en assaut

Il ne faut pas dénaturer l’originalité de la pratique, il doit y avoir touche, mais celle ci ne doit pas nuire à l’adversaire d’un moment.
En définitive, le but de l’élève boxeur reste d’atteindre une cible autorisée les faces, antérieure et latérales du corps, de la tête à la ceinture (: au-dessus de la ligne des crêtes iliaques )– à l’exception de la poitrine chez les filles), avec une surface de frappe autorisée (la tête des métacarpiens), dans un espace déterminé (un ring réglementaire), en un temps prévu ( 3 reprises de 1, 1,30 minutes ) sans jamais sortir de l’opposition face à face ; et sans recherche d ‘efficacité par la puissance et l’intention de mise hors assaut. L’assaut est donc une forme d’opposition codifiée dont on ne peut envisager la fin avant la limite du temps réglementaire (sauf incidents, nous y reviendrons). Il ne s’agit pas de proposer aux pratiquants une situation négative de défoulement mais plutôt une situation qu’ il faut apprendre à maîtriser. L’objectif est donc bien de créer une situation d’opposition et de contrainte dans laquelle les deux adversaires doivent cultiver la maîtrise de leurs comportements technico-tactiques en même temps que la maîtrise de leurs émotions , par le respect absolu des règlements, des directives du directeur d’assaut, et des décisions des juges.
La direction d’assaut et son jugement, doivent être en harmonie avec l’esprit de la pratique telle que nous venons de le définir.

II) Règlement

1) Rôle du directeur d’assaut

Rappel important :
Nous avons vu que, si la règle du combat autorise les coups portés avec puissance, la règle de l’assaut l’interdit formellement. L’opposition en assaut se caractérise par la maîtrise de la conduite motrice (technico-tactique), en visant à gagner aux points par un plus grand nombre de touches que son adversaire Conduite du directeur d’assaut :
En toutes circonstances, le directeur d’assaut doit rester un modèle, de conduite, de fair-play, d’esprit sportif, ne cédant pas aux provocations, et s’en tenant à l’esprit de la pratique de la boxe assaut, qui se veut avant tout éducative. Il ne doit jamais perdre de vue qu’il s’agit d’une situation d’opposition originale dont l’objectif pédagogique majeur est de jouer sans chercher à nuire. C’est la maîtrise du corps propre (aisance gestuelle et technique), la maîtrise de l’opposition (contrôle de l’adversaire), qui président à la définition des principes directeurs de cette forme d’affrontement duel. Il veille en permanence au respect du règlement

Ainsi, il fait observer le cérémonial avant, et après l’affrontement, avec beaucoup d’attention, ne tolérant aucune manifestation déplacée. Il doit intervenir chaque fois qu’une infraction (même légère) est commise. Chacune de ses interventions se manifeste par un « stop » et se traduit par : une remarque, une observation, un avertissement, ou, une disqualification, selon le degré de la faute commise, en rapport avec la sécurité des pratiquants. En boxe éducative, un boxeur déstabilisé par une touche n’est pas compté mais : Deux cas :
– Ou, il s’agit d’une touche non maîtrisée : recherche d’efficacité, le fautif est sanctionné,
– Ou, il s’agit d’un contre, ou d’un arrêt, sans recherche d’efficacité, non sanctionnable, mais devant éveiller la vigilance du directeur d’assaut quant à la poursuite, ou non, de l’assaut. Remarque : Souvent le contre, l’arrêt, sont les conséquences d’une attaque sans souci défensif (de type moulin à vent…) donc désordonnée, sanctionnable par le directeur d’assaut par : remarque, observations,…
En cas de doute, il consulte les juges et se prononce pour la poursuite de l’assaut, ou pour une observation, ou pour un avertissement, ou pour la disqualification du fautif.

2) Le jugement de l’assaut

Un duel n’est jamais que la succession de phases : « phase d’attente », lorsque les boxeurs sont à distance et s’observent, et « phase d’échange » dès que la première touche est délivrée.
Un échange commence dès qu’une touche autorisée et contrôlée, délivrée par un boxeur touche une cible définie par le règlement, il se termine quand : l’enchaînement s’interrompt, ou, au moment où les deux boxeurs se séparent, soit, sans intervention de l’arbitre, soit, avec intervention de l’arbitre : sur un « stop ».
Chaque phase d’échange est attribuée au boxeur qui touche le plus. Le nombre de touches et la durée de l’échange ne changent pas la valeur du score obtenu. Tous les échanges ont la même valeur, qu’ils correspondent à une touche, ou un enchaînement de touches, il s’agit toujours d’un échange en faveur d’un boxeur, matérialisé par une barre sur le bulletin.
Ainsi, un échange peut durer le temps d’une touche ou de plusieurs, le temps d’une attaque ou d’une attaque suivie de contre-attaques, d’une seconde à plusieurs secondes ; l’échange est attribué au boxeur qui est le moins touché ou qui n’a pas été touché.
Un échange nul : égalité de touche pendant l’échange n’est pas comptabilisé par le juge sur son bulletin.
Le juge doit attendre la fin de chaque échange, pour se prononcer, mais il doit l’avoir fait avant que ne commence la prochaine phase d’échange.
La totalisation des scores se fait sur le principe de la scoring-machine : le score de la première reprise sera ajouté à celui de la seconde, puis de la troisième, pour un score final prenant en compte la totalité des échanges gagnés pendant tout l’assaut.
Le jugement se fait toujours avec un nombre impair de juges (3 ou 5). La décision est donnée au nombre de bulletins en faveur du bleu et du rouge. Exemple : 2 à 1 en faveur du rouge (avec 3 juges) ou 3 à 2 en faveur du bleu (avec 5 juges).
Dans la mesure du possible, les assauts devront être jugés avec les boîtiers comptabilisateurs. En l’absence de ceux-ci, on peut se livrer à cette comptabilité avec un bulletin spécifique.
Si l’ensemble des scores donne égalité à la fin de l’assaut, lors d’une compétition qui ne saurait la tolérer, on peut alors, introduire un « avis préférentiel » en fonction des éléments suivants :

1) Respect du règlement : avantage au boxeur ayant été le moins pénalisé au vu du bulletin,
2) Meilleur organisation technico-tactique :
a. défensive
b. offensive

Le juge doit donc, noter en permanence son verdict (rouge ou bleu) sur une feuille de score appropriée (bulletin de jugement) ou avec le boîtier comptabilisateur.
Il y note aussi les observations et avertissements donnés par le directeur d’assaut, dans les cases ci-contre à cet effet.
Remarque : l’utilisation des boîtiers demande un apprentissage différent, et fera l’objet d’une annexe.
Il doit être capable d’indiquer à n’importe quel moment de l’assaut quel est le boxeur dominant et quel est le boxeur dominé en additionnant les échanges au et à mesure des reprises : total 1ère reprise + total 2ème reprise etc.…
L’assaut se termine en général à la fin du temps réglementaire (sauf incident, voir plus loin).
La qualité majeure d’un bon juge est de rester attentif à la succession des phases d’attente et des phases d’échange, en n’oubliant pas de donner une décision à la fin de chaque (soit bleu, soit rouge) ou ne rien noter si échange nul.

3) Gradation des sanctions :

– Le directeur d’assaut adressera successivement à l’élève fautif : 1 remarque, puis 1, 2 et 3 observations.
– La troisième observation entraîne 1 avertissement public.
– L’avertissement donné après une seule observation est sanctionné par + 2 échanges pour l’adversaire en appliquant la règle que l’avertissement ne peut être supérieur à +3.
– Le troisième avertissement entraîne la disqualification.
N.B. : Si la faute est suffisamment grave, le directeur d’assaut peut :
– prononcer la première observation sans avoir prononcé au préalable de remarque.
– prononcer le premier avertissement sans attendre 3 observations : dans ce cas, le total de la sanction devra revenir à plus de trois.
– disqualifier, sans attendre les sanctions intermédiaires.
Par contre, il peut faire une remarque supplémentaire, en cours de processus de gradation, mais seulement pour une faute non vue jusqu’alors. Pour celle-ci il n’utilisera pas la gestuelle réglementaire, cette remarque sera orale, et le juge ne la matérialisera pas sur son bulletin.

GRADATION DES SANCTIONS
– Remarque = 0
– 1ère observation = +1
– 2ème observation = +1
– 3ème observation = 1 avertissement = +1
– 2ème avertissement = +3
– 3ème avertissement = Disqualification

4) Organisation, et déroulement de l’assaut

La préparation des boxeurs :
Les élèves boxeurs doivent connaître parfaitement les règles du jeu. Ils doivent être initiés au club par leur professeur, avant de se présenter en compétition.
Ils sont préparés au vestiaire dans la tenue réglementaire en fonction de leur catégorie d’âge et de poids :
– gants de 8 onces pour le groupe 1 (jusqu’à 45 kg),
– 10 onces pour le groupe 2 (au-delà de 45 kg), bleus pour le boxeur coin bleu et rouge pour le boxeur coin rouge.
– Protège tête agréé,
– maillot « débardeur sans manche obligatoire »,
– Short mi-cuisse,
– protège-dents, bandes obligatoires, coquille (ou protège poitrine pour les filles)
– chaussures de boxe ou éventuellement « tennis » légères.
Les boxeurs montent toujours sur le ring après le directeur d’assaut. La minute de repos :
– A la minute de repos, un seul « homme de coin » : entraîneur ou boxeur, licencié ; et qui ne pénètre pas dans l’enceinte du ring. Le boxeur doit rester jusqu’au bout.
– Le matériel autorisé : l’eau et l’éponge. Le cérémonial :
Le directeur d’assaut contrôle la tenue vestimentaire des deux boxeurs. Avant le début de l’assaut, sur ordre du directeur d’assaut, les boxeurs rejoignent le centre du ring et se touchent les gants.
Avant de demander le déclenchement du chronomètre, le directeur d’assaut demande si les boxeurs, les « hommes de coin », sont prêts, ainsi que les juges.
A la fin de l’assaut, il ramasse les bulletins, les contrôlent et les donne au délégué. Il appelle les boxeurs au centre du ring, leur demande de se saluer avant l’annonce de la décision. Le directeur d’assaut lève le bras du vainqueur à l’annonce de celle-ci. Les boxeurs doivent se saluer à nouveau et saluer l’arbitre avant de quitter le ring. Les commandements du directeur d’assaut :
Au coup de gong, le directeur d’assaut dit « BOXE », ce qui autorise les boxeurs à engager l’assaut. Chaque fois que le directeur d’assaut veut interrompre l’assaut, il dit « STOP ». S’il veut faire reprendre l’assaut, il dit « BOXE ».
Si le pas en arrière est impossible pour l’un des deux élèves boxeurs (à cause de cordes), le directeur d’assaut dit « STOP », les fait dégager des cordes par un geste du bras et fait reprendre par « BOXE ». Donc il s’agit là d’un stop de dégagement. Le fair-play :
Par tradition depuis les premières règles de l’assaut de boxe scolaire édictées par Jean Letessier, il est exigé des boxeurs, et des instructeurs, une parfaite correction envers les adversaires, les officiels, le public.
Tout comportement déplacé sera aussitôt sanctionné comme une faute technique et pourra entraîner un rapport sur le procès-verbal de réunion à l’encontre du boxeur et/ou de son instituteur. Les conditions de déroulement des compétitions : Pour qu’une compétition officielle de boxe éducative se déroule selon les critères fédéraux, il faut :

• En faire la demande au comité régional,
• Le responsable de la CRBE doit désigner
• 1 délégué de réunion
• 3 juges au minimum (le directeur d’assaut ne doit pas juger),
• Que les assauts respectent les écarts de poids, ils ne doivent pas dépasser la tolérance admise
dans la catégorie du boxeur le plus léger ;
• Que les écarts d’âge ne soient jamais supérieurs à 2 ans, à partir des dates de naissance (même catégorie d’âge), en championnats.
• Le directeur d’assaut peut arrêter avant la fin du temps réglementaire pour infériorité manifeste (insuffisance technique) et aussi :
• En cas de saignement de nez
• En cas de blessure (arcade, pommette, pouce),
• En cas de KD involontaire de la part de l’attaquant comme déjà vu. En cas d’arrêt avant la limite, le délégué peut inscrire sur le procès-verbal, la cause et la durée du repos conseillée.
Il ne doit y avoir qu’un seul instructeur dans chaque coin, titulaire d’une licence fédérale de cadre technique. Il ne doit pas parler ou encourager son boxeur pendant l’assaut.
L’espace de l’affrontement en assaut est au ring carré de trois ou quatre cordes agréé par la FFB. Il peut être de plain pied.
La pratique des assauts dans la forme et dans l’esprit ainsi définis peut commencer à partir de la catégorie des benjamins, gant rouge.
Seuls les officiels de boxe éducative étant en possession de la licence officielle de boxe éducative et licenciés pour la saison en cours, peuvent participer activement au déroulement d’une compétition officielle de boxe éducative.
Le responsable de la CRBE est nommé par les membres du bureau du Comité Régional.
Le délégué de réunion veille à la pesée, consigne les résultats et ses observations sur le PV. Il transmet ce PV dans les 48 heures au CR ou à la CRBE. Il veille également au bon déroulement de la compétition.

5) Durée des assauts

DUREE DES ASSAUTS
Assauts à partir de 10 ans révolus (8ans à la salle)
GARCONS
FILLES
Benjamins
3 x 1’
3 x 1’
Minimes
3 x 1’30
3 x 1’30
Cadets
3 x 2’
3 x 1’30
Juniors
3 x 2’
3 x 2’
Seniors < 35 ANS
3 x 2’
3 x 2’

6) Sigles

SIGLES A INSCRIRE SUR LE CARNET INDIVIDUEL ET SUR LE PROCÈS –VERBAL

DECISIONS
POUR LE GAGNANT
POUR LE
PERDANT
POUR
LES DEUX
Aux points
G.P.
P.P.
Arrêt du DA pour infériorité manifeste
G.P.
P.P.
KD sur touche régulière décision aux points
G.P.
P.P.
Blessure sur touche régulière, décision aux points
G.P.
P.P.
KD sur touche irrégulière
G.P.
P.D.
Blessure sut touche irrégulière
G.D.
P.D.
Arrêt de l’instructeur
G.Ab.
P.Ab.
Arrêt de l’élève boxeur
G.Ab.
P.Ab.
Disqualification
G.D.
P.D.
P.D.
Sans décision
S.D.
Sans concurrent
G.WO

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire.

Newsletter
Inscrivez-vous







Catégories
Archives